Morlaix : Le poids des souvenirs et la force de ma vérité
Le samedi 27 mai 2023, entre 10h et 13h, je m'installais à l'Espace Culturel E.Leclerc de Morlaix pour ma seconde dédicace. Ce n'était pas seulement une séance de signatures ; c'était un retour sur les terres de mon enfance. À quelques pas de là se trouve le quartier de la Vierge Noire, là où j'ai fait mes tout premiers pas d'écolière à l'école Émile-Zola. Ce bâtiment, autrefois témoin de mon apprentissage, a été réhabilité en Maison de quartier. En marchant dans ces rues, j'ai vu défiler mon propre passé.
Il y avait une joie immense à retrouver ce berceau.
Des membres de ma famille, des visages connus et inconnus, étaient là pour partager ce moment. Mais sous cette surface chaleureuse, une tension sourde persistait en moi. Mon roman, Il y a Toujours un Commencement, n'est pas un livre léger. Il est une mise à nu, une quête de résilience qui dérange, qui effraie, et parfois, qui fait fuir.
Carhaix et sa région - Sonia Kermen écrit pour se libèrer de son passé.
"On écrit pour exister, on publie pour confronter. Et parfois, ce que l'on révèle est si brut que le regard des autres devient un miroir brûlant."
Ce livre est mon ancrage.
Être là, face au public de ma ville natale, m'a confrontée à une réalité que je n'avais pas pleinement anticipée : mon livre est devenu un territoire de conflit. Entre les liens familiaux qui se resserrent et ceux qui se déchirent, entre le refus d'accepter certaines vérités et le poids des jugements, j'ai ressenti de la révolte. Face à l'injustice et à la colère, j'ai dû tenir bon.
Certains ont jugé mon récit sans connaître les ombres que j'ai traversées. Ils n'étaient pas là, dans les moments où j'en avais le plus besoin, quand la vie semblait s'effondrer. Alors, quand on me demande pourquoi j'écris, je réponds ceci : j'écris parce que c'est ma vérité. Ce livre est mon ancrage. S'il dérange, c'est peut-être parce qu'il touche à des recoins que beaucoup préfèrent laisser dans l'ombre.
Morlaix et sa région
Cette matinée à Morlaix a été une transformation. J'ai compris que mon rôle n'est pas de plaire à ceux qui fuient ma vérité, mais de rester fidèle à celle qui a survécu à tout. La petite fille de l'école Émile-Zola est devenue une femme qui porte sa propre histoire comme un étendard. Je suis fière de ce chemin. Ma vérité n'est pas une question de débat ; c'est ma vie, tout simplement.
