“Ce que ma mère m’a fait” de Thorkael Morra
Chronique littéraire : Une claque psychologique inoubliable
J’ai terminé le roman “Ce que ma mère m’a fait” de Thorkael Morra. Et que dire, c’est quelque chose d’incroyable : on ne sort pas de cette histoire complètement indemne !
L'intrigue : Un mystère machiavélique
L'histoire suit Adèle, une jeune femme qui, à l'âge de dix-huit ans, avait tout pour être heureuse avant de décider de disparaître du jour au lendemain en coupant tous les ponts. Treize ans plus tard, son premier amour, Sacha, a refait sa vie et s'apprête à fonder une famille.
C'est alors qu'un mystérieux colis arrive chez lui : un roman signé Adèle et intitulé Ce que ma mère m’a fait, dont toutes les pages sont... entièrement blanches, à l'exception d'une seule.
Ces quelques mots poussent Sacha à retourner dans la ville qu'il se jurait d'oublier. Il se retrouve alors entraîné dans un jeu de piste implacable, une enquête intime et troublante entre secrets de famille enfouis et vérités bouleversantes, au risque de voir toute sa vie actuelle s'effondrer.
Des personnages d'une justesse remarquable
Dans cette construction narrative, chaque personnage a véritablement sa place. Les deux protagonistes sont rejoints tour à tour par d'excellents seconds rôles qui donnent toute sa profondeur et son épaisseur à l’histoire. C'est une œuvre où les histoires passées, les secrets et le présent se trouvent en parfaite fusion.
Un style et un rythme redoutables
L’auteur possède un talent exemplaire. Non seulement il a su tisser une histoire profonde autour de ses personnages, mais il sait aussi nous laisser des moments de répit avant de rebondir magistralement sur les intrigues. Il y a énormément de suspense du début jusqu'à la fin, c'est tout simplement incroyable.
On ne veut absolument pas terminer ce roman. J'ai dû le lire en trois soirs par obligation, et mes journées m'ont semblé très longues pour arriver au terme de la journée et reprendre ma lecture laissée avec un goût amer la veille. C'est un livre qui se dévorerait en une journée tant l'on veut savoir où cette histoire nous mène. C'est une belle intrigue, construite autour d'un jeu qui nous dépossède de toute réalité.
Une immersion visuelle et sensorielle totale
J’aime particulièrement les descriptions quand je lis, et je fais attention à certains petits détails qui, pour d'autres lecteurs, ne se voient pas au premier œil. Lorsque la plume de l'écrivain se laisse porter, j’ai pu très vite me sentir transportée dans chaque événement, dans chaque pièce, dans chaque endroit. J’avais l'impression de ne plus simplement lire, mais de me retrouver directement plongée dans un TV show captivant.
Ce thriller psychologique est un véritable tourbillon d'émotions : il oscille entre doutes, peurs, frayeurs, horreur, peine, tristesse et malentendus, mais intègre aussi beaucoup de douceur, de vérité, de réalité et d'amour. C'est une œuvre d'une réussite addictive, un page-turner redoutable. Je me suis prise au jeu, échafaudant des théories, pour finalement réaliser que je faisais fausse route. La tension y est constante.
Quatrième de couverture :
Adèle avait tout pour être heureuse. Une famille, des amis, des passions et des projets. Alors pourquoi, à dix-huit ans, a-t-elle décidé de disparaître du jour au lendemain, coupant définitivement les ponts avec celles et ceux qu’elle aimait ?
Cette question n’a jamais cessé de hanter Sacha, son premier amour.
Treize ans plus tard, alors qu’il a enfin reconstruit sa vie et s’apprête à fonder une famille, un étrange colis arrive dans sa boîte aux lettres. À l’intérieur : un roman signé Adèle, portant le titre Ce que ma mère m’a fait.
Seulement, toutes les pages sont blanches.
Toutes, sauf une.
Les quelques mots qui s’y trouvent le poussent à revenir dans la ville qu’il s’était juré d’oublier. Là-bas, un jeu de piste implacable le plonge dans l’histoire d’Adèle, entre secrets enfouis et vérités bien trop difficiles à accepter…
Et plus Sacha s'enfonce dans cette quête de réponses, plus la vie qu’il a mis treize ans à reconstruire menace de s’effondrer.
L'art des fins surprenantes
Bravo, Monsieur Morra ! Je salue le dénouement pour son impact. La fin « explose au visage » et je resterai marquée pour un certain temps. Elle confirme haut la main le statut de l'auteur dans le genre du thriller psychologique : il est littéralement démoniaque avec notre sensibilité.
En somme, c'est une lecture idéale pour les nuits d'orage, un roman que je conseille tout particulièrement à lire en automne. Il brille par la finesse de sa psychologie, la noirceur de ses thématiques familiales et sa capacité redoutable à manipuler le lecteur du début à la fin.
