Entre mes doigts coule le sable de Sophie Tal Men
Chronique Littéraire : Quand l'amour défie le temps – « Entre mes doigts coule le sable »
La Bretagne a ce parfum particulier d’iode et de mélancolie qui colle à la peau, une atmosphère que Sophie Tal Men sait retranscrire comme personne. Après avoir été transportée par Les Yeux couleur de pluie, j’ai replongé avec une émotion non dissimulée dans la suite des aventures de Marie-Lou et Matthieu avec son second roman, « Entre mes doigts coule le sable » (Éditions Le Livre de Poche).
Le synopsis en quelques mots
Nous retrouvons Marie-Lou, jeune interne en médecine, dont le cœur bat au rythme des marées
bretonnes et des urgences hospitalières. Si son histoire d'amour avec Matthieu semblait scellée,
la réalité du métier de médecin vient jouer les trouble-fêtes. Entre son stage en psychiatrie et
celui de Matthieu en neurochirurgie, le temps devient une denrée rare, s’effritant comme le
sable d’une plage de Douarnenez entre les doigts.
Une immersion criante de vérité
Ce qui me touche particulièrement chez Sophie Tal Men, c’est sa capacité à dépeindre la vie
hospitalière sans fard. On ne lit pas seulement une romance ; on vit les gardes épuisantes, la
tension des blocs opératoires et la complexité des relations avec les patients.
L’autrice explore avec une grande finesse :
Le sacrifice de soi : Comment préserver l'étincelle quand on donne tout son temps et son empathie aux autres ?
La résilience : La force qu'il faut pour se relever après des journées où la mort et la maladie occupent tout l'espace.
L’équilibre fragile : Ce tiraillement constant entre la passion pour sa vocation et le besoin viscéral d'aimer et d'être aimé.
Mon regard de lectrice (et de Bretonne)
En tant que Bretonne, je suis toujours sensible à la manière dont nos paysages sont utilisés
comme miroirs de l'âme. Ici, le titre résonne comme un avertissement : le bonheur est précieux et
fugace.
J'apprécie l'écriture de Sophie Tal Men pour ce mélange si juste de sensibilité et d'humour. Les
personnages ne sont pas des héros de papier glacé ; ils sont attachants parce qu'ils sont faillibles.
Ils doutent, ils rient autour d'un apéro entre collègues pour évacuer la pression, et ils tentent, tant
bien que mal, de ne pas se perdre de vue dans les couloirs blancs de l'hôpital.
Ce que je retiens : Une chronique de vie vibrante, une ode à la jeunesse qui
s'engage, et une réflexion touchante sur la difficulté de conjuguer carrière de
soignant et vie privée.
Matthieu parviendra-t-il à vaincre ses peurs et à laisser Marie-Lou entrer dans sa vie ? Marie-Lou
apprendra-t-elle à laisser glisser le sable entre ses doigts ?
Quatrième de couverture :
Pas facile de concilier médecine et vie privée quand on est internes à
l’hôpital ! Marie-Lou – qui a quitté sa Savoie natale pour Brest – et Matthieu – le ténébreux
surfeur – sont tombés amoureux au premier regard. Mais entre leurs stages en psychiatrie et en
neurochirurgie, les nombreuses gardes à effectuer, les apéros au Gobe-mouches et les fêtes
carabines, leur histoire d’amour n’est pas un long fleuve tranquille. C’est plutôt la valse des
sentiments… surtout quand leurs proches deviennent leurs patients.
Un roman qui fait du bien, même s'il serre parfois le cœur. À lire absolument si vous aimez les
histoires qui sentent le vrai, l'iode et l'humanité.