Des matins heureux de Sophie Tal Men
Nous avons tous connu des matins gris que l'on voudrait effacer, et d'autres, lumineux, que l'on voudrait faire durer éternellement. C'est précisément sur cette ligne de crête, entre ombre et lumière, que Sophie Tal Men nous transporte avec son roman Des matins heureux.
Si vous cherchez une lecture positive, constructive et qui change le regard que vous portez sur vous-même, ce livre est fait pour vous.
Une plume qui fait du bien
C’est pour moi une magnifique découverte. La plume de Sophie est à la fois charismatique et
d'une grande justesse. Dès les premières pages, on bascule avec délice dans la vie de trois
héros aussi différents que complémentaires. Le récit, découpé en quatre parties, nous tient en
haleine et nous enveloppe de bienveillance.
Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est la manière dont l’auteure traite la reconstruction. Elle
explore avec beaucoup de pudeur la fragilité de « l’avant » et la force nécessaire pour bâtir «
l’après » maladie.
Marie : Apprendre à s'écouter pour mieux renaître
L'héroïne, Marie, est une Bretonne au grand cœur. Elle passe sa vie à aider les autres, mais
elle va devoir apprendre la leçon la plus difficile : s'écouter, se regarder et s'apprécier à sa juste
valeur. Le message est puissant : il faut savoir entendre, mais il est tout aussi vital d’être
entendu.
La poésie du corps et de la féminité
Sophie Tal Men utilise des mots d'une sincérité désarmante. Elle évoque notamment la poitrine
comme une « tétine humaine », une image qui m’a instantanément ramenée à mes propres
souvenirs d’allaitement. Ce centre du monde quand on est maman, qui retrouve ensuite sa
sensualité au fil des années.
J'ai adoré cette sensibilité pour parler du corps féminin, des mamelons, de leur rôle et de leur
beauté à tout âge. Cela fait un bien fou de lire des lignes qui renforcent le lien et la fierté que
l’on peut avoir envers son propre corps.
Petite note personnelle pour Marie : À 50 ans, je confirme : on n'a pas forcément
le "cul flétri" et les tatouages ne sont pas tous rabougris ! 😉
La beauté ne s'évapore pas avec les bougies sur le gâteau.
Un hymne à l'espoir
Que ce soit à travers Guillaume, Marie ou Elsa, Sophie Tal Men nous prouve que le drame, le
rêve et l'espoir cohabitent toujours. Tôt ou tard, tout arrive... surtout les nouveaux départs.
J’ai tout aimé : le rythme des chapitres, la puissance de l’histoire et les petits clins d’œil glissés
vers d’autres auteurs. C'est une lecture qui réchauffe le cœur, comme un premier rayon de
soleil après une nuit d'orage.
Et vous, quel livre vous a aidé à voir vos "matins" différemment ? Dites-le moi en
commentaire !
Quatrième de couverture : Dans le quartier du Montparnasse à Paris, Elsa, Marie et Guillaume se croisent sans le savoir. Si le jour, leur quotidien les éloigne, le soir, tous trois affrontent une même peur de la nuit.
Elsa se réfugie dans le bus pour éviter la violence de la rue, Marie, qui vient de quitter Brest, multiplie les gardes à l'hôpital pour combler son vide sentimental, et Guillaume retarde la fermeture de son bar afin de fuir la solitude.
C'est au détour d'un Lavomatic, d'un irish pub ou par le biais d'une annonce sur Leboncoin qu'ils finiront par se trouver. Mais parviendront-ils, ensemble, à aller jusqu'au bout de leur nuit ? À se reconstruire ?
Des matins heureux est le roman des nouveaux départs, la rencontre de trois personnages blessés, touchants dans leur fragilité, inspirants dans leur force de résilience.