Volare de Serena Giuliano
Quand le ciel s’assombrit pour mieux se colorer : Chers lecteurs, aujourd'hui je vous emmène dans un voyage intérieur autant que géographique. J'ai récemment tourné la dernière page de Volare, le dernier roman de Serena Giuliano, et il est temps pour moi de vous partager ce ressenti, à la croisée de vos avis et de mon expérience personnelle.
Un sujet grave traité avec une plume solaire
Volare aborde un thème complexe et intime : la dépression et la santé mentale. Nous y rencontrons Ambre, une femme dont la vie semble parfaitement équilibrée — un travail qu’elle adore auprès des adolescents, des sœurs aimantes, et une meilleure amie, Manuela, haute en couleur. Pourtant, le silence s'installe, l'énergie s'éteint et la fatigue devient une prison. Serena Giuliano réussit ici le tour de force de décrire la dépression — ce mal invisible — sans tomber dans les clichés, avec une justesse qui déculpabilise.
"On ne répare pas des blessures intérieures avec de simples artifices, mais avec du temps, de la patience et les bonnes personnes."
Mon regard sur cette aventure
J’ai l’habitude de voir l'Italie apparaître dès les premières pages des romans de Serena. Ici, c'est différent. J'ai dû apprivoiser ce début, que j'ai trouvé un peu long, avant de me laisser pleinement emporter. Mais qu'importe le rythme, la plume de l'autrice reste une valeur sûre : elle est fluide, joyeuse, excessive et romanesque, toujours prête à trouver le détail qui sauvera son héroïne.
J'ai adoré retrouver cet humour typique, entre ironie et satire, qui rend le récit pétillant. Entre le prénom « Sylvain » qui m'a ramené aux bancs de l'école (bien loin du mien qui n'avait rien d'un farceur !), les références aux « vacague » (je ne traduirais pas, lassant le suspens !), ou encore cette idée absurde de mettre un bonbon à la menthe dans le nez, Serena Giuliano possède une imagination débordante qui fait éclater de rire.
L'Italie, ce manque qui rend l'envie plus vive
Le seul regret que je garderai — et je pense ne pas être la seule — est la place occupée par l'Italie. L'histoire commence et finit en France à Metz, et j'aurais aimé passer davantage de temps en Sicile. J'aurais voulu plus d'aventure, plus de rebondissements dans ce décor sicilien qui, lorsqu'il apparaît, apporte un bol d'air frais absolument divin.
Malgré cela, le personnage de Manuela est une bouffée d'oxygène. Drôle, excessive, avec son accent chantant qui retourne le cerveau, elle est la définition même de la loyauté. L'histoire des trois sœurs m'a également profondément émue. Surprise : une protagoniste d’un autre roman vient faire son apparition.
Verdict : Comédie ou drame ?
Même si le sujet est sérieux, je qualifierais ce roman de comédie. C'est une œuvre époustouflante de bon sens, qui nous embarque dans un monde où, même si tout semble tourner de travers, l'univers finit par se recentrer sur le dépassement de soi. Après avoir refermé le livre sur ce beau « je suis prête à t’aimer », je n'avais qu'une envie : faire mes bagages et retourner en Sicile.
Volare est une lecture doudou, réconfortante et lumineuse, qui nous rappelle que nous avons tous le droit d'apprendre à voler.
Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Votre verdict m’intéresse !
