Un automne pour me choisir d’Alisson S. 

 L’art de se réapproprier sa vie, une saison à la fois

L’autrice imagine une année de transformation autour de son héroïne, Manon. Une année où chaque saison devient le reflet d'une étape de la vie, un espace où Manon apprend, se découvre, grandit, lâche prise, sourit, souffre et avance. Dans ce deuxième tome, le lecteur est invité à une belle immersion au cœur des vignes et des grappes de raisins, changeant de décor avec cette prise de conscience : « Je pensais avoir changé. Je découvre seulement que j'ai changé de décor. »

Une mise en place délicate mais un ancrage sensoriel précieux

Le début de ce voyage automnal demande un peu de patience. Les premiers chapitres s'installent lentement, et l'on peut parfois ressentir une certaine lourdeur ou des répétitions dans les premières impressions de Manon face à son nouveau travail et à son environnement. On aurait parfois aimé que l'intrigue plonge plus rapidement au cœur de la vie du village, du travail exigeant des vignerons, de la cadence des vendanges et de la richesse des relations naissantes. De même, les dialogues manquent parfois d'un peu d'intensité et d'originalité pour pleinement porter l'émotion des échanges.

Pourtant, la plume d'Alisson S. conserve cette qualité indéniable : elle est douce, fluide, sincère et profondément humaine. Les décors – notamment cette immersion chaleureuse dans les vignobles de la Bourgogne – offrent une atmosphère enveloppante, idéale pour les lectures de saison. Tout comme dans le premier tome, on salue la beauté des descriptions paysagères et le soin apporté aux recherches sur l'univers du vin, même si l’on aurait savouré avec gourmandise un ancrage historique un peu plus poussé.

La quête de soi : briser ses propres chaînes

Au-delà du rythme, c'est dans sa dimension psychologique que le roman trouve toute sa force. L'histoire aborde avec justesse des thématiques profondes : le besoin permanent d'être parfaite, la peur du regard des autres, la difficulté de se détacher des attentes familiales et cet apprentissage complexe qui consiste à s'accorder enfin la priorité. Comme le souligne si bien le texte : « Le plus difficile n'est pas de voir ses blessures. C'est d'accepter qu'elles nous ont longtemps protégés. »

Manon incarne cette exigence avec laquelle beaucoup de lecteurs et lectrices se reconnaîtront : « Je suis exigeante. Je suis ambitieuse. Je suis perfectionniste. Je me suis raconté cette histoire pendant des années. Pas assez forte. Pas assez intelligente. Pas assez courageuse. Pas assez tout. »

À travers les traditions, les coutumes et les bonnes odeurs de cuisine qui réchauffent l'atmosphère, Manon apprend peu à peu à baisser les armes et à gagner le droit d'être à sa place.

Une évolution sensible par rapport au premier tome

Comparé au premier volet (Un été pour me retrouver), ce tome marque une évolution notable : l'intrigue s'éloigne des codes de la romance pure et classique pour placer la reconstruction personnelle au centre de l'histoire.

L'héroïne ne cherche plus à devenir quelqu'un d'autre ; elle apprend simplement à vivre un peu plus en accord avec elle-même. À la fin de ce voyage, Manon n'a pas métamorphosé toute sa personnalité : elle est encore Manon, elle pense toujours beaucoup, elle doute parfois et veut bien faire. Mais elle a cessé d'exiger d'elle-même de tenir jusqu'à s'effacer. Et cette nuance change tout.

En refermant ce livre, on retient que l'automne, loin d'être seulement une saison de transition, nous apprend à nous choisir. Car comme le résume si bien Alisson S. :

« Parfois, la plus belle destination n'est pas un endroit. C'est la personne que l'on devient en chemin. »

Résumé de "Un automne pour me choisir" d'Alisson S.

Après un premier été de transition, Manon poursuit son voyage initiatique au cœur des vignobles de Bourgogne. Loin des codes de la romance classique, ce deuxième tome explore avec beaucoup de justesse la reconstruction personnelle, le lâcher-prise et la lente déconstruction du perfectionnisme.

Entre les traditions du village, les vendanges et les remises en question, Manon apprend à baisser les armes face au regard des autres et aux attentes familiales. Ce roman automnal, enveloppant et profondément humain, nous rappelle une belle vérité : le plus difficile n'est pas de voir ses blessures, mais d'accepter qu'elles nous ont longtemps protégés, pour enfin oser se choisir.

Sonia Kermen

Écrivaine bretonne installée aux États-Unis depuis 17 ans, Sonia Kermen est également philanthrope, poète et auteure de livres bilingues pour enfants, d'un roman à suspense et d'une autobiographie. Passionnée par le pardon et la résilience, elle s'inspire de ses propres expériences de vie pour inspirer les autres. Son cheminement personnel, des études de psychologie à une carrière d'enseignante, a profondément influencé son approche de l'écriture. Passionnée par la photographie, la cuisine, la randonnée et la lecture, Sonia trouve son inspiration dans les mille et un détails de la vie. Ses écrits, tissés d'expériences personnelles, offrent aux lecteurs des récits riches en émotions et en authenticité. Sonia vit actuellement à Boone, en Caroline du Nord, avec son mari, ses enfants et son chien.

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Tisser le temps, jouer des mots : Voyage au cœur de ma poésie