L’Obsession Azanov de Marie Ionnikoff

La consécration du talent, après le choc de L’Insane, Marie Ionnikoff signe son grand retour avec L’Obsession Azanov, le deuxième volet de son "Cycle des Ombres". Si ce nouveau roman peut se lire de manière totalement indépendante, il n’en demeure pas moins la suite logique d’une trajectoire littéraire impressionnante.

Franchir le cap du deuxième tome : un défi relevé

Je vais être honnête avec vous : j’ai longuement hésité avant de tourner la première page. L’Insane m’était littéralement "resté aux basques" ; j'avais adoré ce roman au point d'avoir du mal à m'en détacher. Pourtant, si les premiers paragraphes furent une étape, je me suis très vite laissée happer. Marie Ionnikoff confirme ici tout son talent, nous transportant avec une facilité déconcertante dans les émotions obsessionnelles de son héros.

Le retour de "Scara" : un héros loin des clichés

Le pilier de ce récit, c’est lui : le lieutenant Hugo Scaralèse, dit "Scara". Détaché auprès d'Interpol à Lyon, il ressort de ses précédentes enquêtes traumatisé, marqué au fer rouge.

L’autrice excelle dans le thriller psychologique en nous dépeignant un homme profond, séduisant mais profondément torturé. Son évolution vers l'obsession totale pour un criminel insaisissable — Azanov — devient le moteur d’une traque transnationale. On y explore le prix du sacrifice : jusqu’où peut-on aller pour la justice avant de perdre sa propre santé mentale ?

Une immersion géopolitique à couper le souffle

Ce qui m’a laissée sans voix, c'est la dimension géographique du récit. Marie Ionnikoff possède une plume incisive et visuelle, presque cinématographique. On a l'impression qu'elle a vécu chaque scène, chaque escale :

  • Réalisme des lieux : De la moiteur étouffante de l'Indonésie (Jakarta, Bali) aux paysages rudes du Kazakhstan et de la Lettonie, les atmosphères et les odeurs sautent aux yeux.

  • Précision procédurale : La documentation sur les rouages d'Interpol et la criminalité transnationale est d'une solidité exemplaire. C’est un polar "de procédure" extrêmement crédible.

Une "Masterclass" du Polar International

Pour moi, ce livre mérite humblement ses 5 étoiles. C'est une véritable démonstration de maîtrise du rythme. L'intrigue est une traque sans merci, une course effrénée qui aborde des thématiques sombres et nécessaires :

  • La misère sociale des mégalopoles asiatiques (le quartier de Kalijodo).

  • Les réseaux de trafics humains et la corruption systémique.

Malgré cette noirceur, l'autrice conserve une vision humaniste qui donne au récit une âme supplémentaire, dépassant le simple cadre de l'enquête policière.

En résumé

Que vous soyez amateur de géopolitique ou fan de thrillers psychologiques intenses, L’Obsession Azanov est une lecture incontournable. Bien que l'intrigue soit autonome, je ne peux que vous conseiller de lire L’Insane au préalable pour saisir toute la complexité et les nuances de Scaralèse.

Bravo à Marie Ionnikoff pour ce tour de force !

Fiche Technique :

  • Genre : Thriller / Polar international

  • Éditeur : Auto-édition (Marie Ionnikoff)

  • Pagination : Env. 322 pages



Sonia Kermen

Écrivaine bretonne installée aux États-Unis depuis 17 ans, Sonia Kermen est également philanthrope, poète et auteure de livres bilingues pour enfants, d'un roman à suspense et d'une autobiographie. Passionnée par le pardon et la résilience, elle s'inspire de ses propres expériences de vie pour inspirer les autres. Son cheminement personnel, des études de psychologie à une carrière d'enseignante, a profondément influencé son approche de l'écriture. Passionnée par la photographie, la cuisine, la randonnée et la lecture, Sonia trouve son inspiration dans les mille et un détails de la vie. Ses écrits, tissés d'expériences personnelles, offrent aux lecteurs des récits riches en émotions et en authenticité. Sonia vit actuellement à Boone, en Caroline du Nord, avec son mari, ses enfants et son chien.

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