Deux femmes dans un café de BRUNO BAILLY
☕ Coup de cœur littéraire : Quand le théâtre s’invite au café
Cela faisait une éternité — depuis mes études universitaires avec Molière ! — que je n'avais pas plongé dans une pièce de théâtre. Quelle surprise de renouer avec ce genre à l’âge adulte. Je viens de terminer "Deux femmes dans un café" de Bruno Bailly, et je dois dire que j'ai été totalement conquise par cet univers.
Ce qui m’a fait vibrer
L’atmosphère unique du café : Tout commence au "Café Kirchner", un lieu où le jazz et l'art s'entremêlent pour créer une ambiance presque hors du temps. On s’y sent si bien qu’on a l’impression d’être assise à la table d’à côté.
Le duo Albertine & Proserpine : J’ai adoré la dualité entre ces deux femmes. D'un côté, Albertine, la doctorante passionnée par Proust, réfléchie et solitaire. De l'autre, Proserpine, pétillante, audacieuse et prête à "donner un coup de pouce au destin”.
Un pont entre les arts : Ce n'est pas seulement du théâtre, c'est un dialogue constant avec la peinture (Kirchner, Picasso) et la littérature. La pièce explore le thème du "double" avec une finesse incroyable.
Quelques points de réflexion (ou défis passionnants)
Si la lecture est un plaisir, certains aspects demandent une attention particulière, une immersion culturelle :
La pièce est une véritable invitation au voyage culturel, nous mettant au défi de redécouvrir Proust ou Kirchner à travers les yeux des personnages.
Certains passages, notamment les réflexions philosophiques d'Albertine ou les analyses artistiques de Paul, sont très denses et demandent de l'immersion.
Bien qu'elle soit une amie pétillante, son rôle d'entremetteuse repose sur une véritable supercherie qui bouscule les personnages.
Ma réflexion du jour
L'intrigue démarre sur un pari audacieux : aborder le premier homme qui entrera dans le café à 17h15 précise. Cela pose une question magnifique : faut-il attendre le destin ou le provoquer ?.
La résolution amoureuse d’Albertine arrive de façon assez brusque — passant d'un "je ne veux plus te revoir" à une promesse de mariage — ce qui peut paraître artificiel, mais reflète l'intensité dramatique de la pièce plutôt qu'un manque de réalisme.
Le théâtre permet souvent des revirements de situation rapides (les fameux "coups de théâtre").J'ai été agréablement surprise par la modernité et la poésie de l'écriture. C’est une lecture qui fait du bien, qui questionne nos masques et nos élans amoureux.
Et vous ? Quelle est la dernière pièce de théâtre qui vous a transportés ? Êtes-vous plutôt "attentiste" comme Albertine ou "provocatrice de destin" comme Proserpine ?
BRUNO BAILLY :
DEUX FEMMES DANS UN CAFÉ (
théâtre)
Deux Femmes dans un café débute dans le décor feutré du café
Kirchner. Proserpine lance un pari à son amie Albertine : séduire le premier homme qui entrera à 17h15.
Albertine devra alors trancher : faut-il laisser faire le destin... ou le forcer?
Dans cette pièce brève et dense, le dramaturge rémois Bruno Bailly explore avec finesse les thèmes du désir, de l'art, du double et de P'illusion.
Un huis clos délicat, onirique, presque musical, où les mots résonnent comme des notes et où la peinture forme un contrepoint subtil au texte littéraire.
"Pièce bien faite, élégante et spirituelle, elle impose des personnages vivants et charmants et elle tricote remarquablement le présent avec la littérature et la peinture." Christine Berg, metteuse en scène de théâtre.