Désenchantées de Marie Vareille
Parce que c’était elle, parce que c’était moi : Mon voyage au cœur des « Désenchantées »
Parfois, on ouvre un livre pour s'évader, et on finit par y rencontrer son propre reflet. C'est ce qui m'est arrivé avec Désenchantées de Marie Vareille. En refermant cet ouvrage, le titre résonne en moi comme un écho : désenchantée, je le suis aussi. À travers ce récit, une vérité brutale s'impose : nous portons toutes une part de responsabilité dans ce qui est arrivé à Sarah Leroy.
1992 : Un miroir entre fiction et réalité
J’aurais pu faire partie de ces quatre jeunes filles. En 1992, je vivais dans le Pas-de-Calais et
j’avais quasiment le même âge qu’elles. Mon adolescence s'est déroulée dans les paysages
gris et venteux du nord de la France, là où le récit prend racine.
Si Sarah et ses amies allaient au Cap Gris-Nez, mes pas à moi foulaient le Cap Blanc-Nez.
J’aurais pu être Sarah. J’aurais pu être Angélique. J’aurais pu être l’une d’entre elles...
La survie pour seule boussole
Le livre explore cette soif d'évasion, ce besoin viscéral de s'arracher à une destinée tracée
d'avance. Ma propre survie a consisté à attendre mes 18 ans. Je n’ai pas eu l’audace de Sarah,
ni la force de prendre le large à la brasse, mais j’avais pour moi mes deux pieds sur terre, ma
tête, mon âme de survivante et une patience infinie.
Aujourd'hui, alors que je vis aux États-Unis depuis 15 ans, dont 11 en Californie, je comprends
si bien la douleur de l’absence, le poids de l’exil et le courage qu'il faut pour tout abandonner.
Marie Vareille décrit avec une justesse incroyable ce désarroi : l’illégalité, le mariage de survie,
ces choix que l'on fait simplement pour rester vivante.
Une ode à la résilience
Merci, Marie, pour ce livre qui est un pur bonheur, malgré les larmes versées et les cris
d’injustice. Au bout du chemin sinueux de tes mots, une lumière finit toujours par apparaître.
Sans le savoir, tes phrases ont affronté mon propre destin. Merci d'avoir écrit une histoire qui
résonne aussi fort avec mon monde réel.Je garderai en tête ce petit souvenir qui m'a fait sourire au milieu de l'émotion :
« Pour rentrer dans un moule, il fallait être une tarte. »
Je ne suis pas une tarte, et je n'ai jamais voulu rentrer dans le moule. Et c'est peut-être pour
cela que ce livre m'a autant touchée.
Parce que c’était elle, parce que c’était moi